ISO 9001/14001 version 2015 et LEADERSHIP

Le leadership s’invite dans les nouvelles normes ISO 9001 et ISO 14001 version 2015 !

Que va changer la nouvelle version 2015 des normes en matière de leadership pour les systèmes de management QSE? En faisant une petite analyse comparative de 2 leaderships poussés à l’extrême, on devrait avoir une vision plus claire du SMQSE version 2015:

Cas n° 1 : Ici, pas besoin de parler de qualité, le leadership est naturel et se décline à tous les niveaux:

L’ISO 9001/14001 n’étant qu’un système de management par objectif, la Direction l’utilise pour organiser et diriger son entreprise.

• Pour elle, la certification n’est pas une finalité et elle ne ne prépare pas vraiment les audits puisque l’auditeur est là pour venir évaluer la réalité et les bonnes pratiques. (Un peu comme dans les exercices incendie : la réalité des bonnes pratiques ne se voit que dans la vraie simulation).

• Par ailleurs, ses remarques sont toujours intéressantes et viennent alimenter une dynamique permanente d’amélioration. La Direction a conscience que tout est perfectible. La certification est une reconnaissance qui vient juste mettre en lumière le savoir-faire et surtout le savoir être de tous les collaborateurs, de l’agent d’entretien aux managers.

Cas n°2 : Ici, on parle beaucoup de qualité et d’environnement, surtout avant les audits, même si le dirigeant y est allergique. Et oui, pour lui c’est synonyme de lourdeur.

« C’est compliqué et procédurier » dit-il souvent. Les tableaux de bord et la messe de revue des indicateurs lui donnent des boutons, la revue de direction… heu, vous avez dit Direction ?

• Il a cependant besoin de la certification pour sa communication externe. En bon stratège, il a recruté un RQSE compétent à qui il confie le pilotage de ce système parallèle pendant qu’il définit la stratégie en CODIR. Inutile que le RQSE soit dans le CODIR, puisqu’il s’occupe de la qualité et de l’environnement.

• Le rôle de l’auditeur externe est plus que prépondérant. A défaut de locomotive interne, le RQSE parfois un peu essoufflé, s’appuie sur la carotte de la certification et le regard inquisiteur de l’auditeur pour faire avancer les troupes et rester sur les rails des exigences des référentiels.

Ce qui compte : résultats (y compris certification) et faibles coûts (faut pas que la qualité prenne trop de temps).

D’où la question suivante : entre qualité intégrée et qualité de façade, quelle sera la position des auditeurs externes pour faire la différence ?

Si cette nouvelle notion n’est pas utilisée par les auditeurs pour trier le bon grain, fort est à parier que les RQSE des structures proches du cas n°2, devront développer de nouvelles compétences pour mettre encore plus de formes à leur système pour atteindre leurs objectifs. En bref, si l’évaluation du leadership, n’est pas de nature à faire la différence entre ces deux cas (extrêmes je vous l’accorde), à quoi peut-elle bien servir ? Ou plus exactement, quelle plus-value apporte-t-elle par rapport aux précédentes versions?

Mais rassurons-nous, le monde est entre ces deux univers: celui des utopistes du cas n°1 et certaines réalités glissées dans le cas n°2. En toute logique, l’ISO 9001/14001 version 2015 devrait nécessairement faire avancer les choses vers le cas n°1.